samedi 2 janvier 2016

A la découverte du Qi Gong !

Je vous propose aujourd'hui un article de David Münch Alonso, professeur de Qi Gong à Paris.

Formé à l'école du Quimetao (Docteur Jian Liujun), il continue d'enrichir sa pratique auprès de professeurs reconnus.

Plus tôt dans sa vie, il a pratiqué la danse classique et moderne, le yoga, et la méditation Vipassana.


Le Qi Gong prononcer Tchi (énergie) Kong (pratiques) est un art énergétique venu de Chine.
C'est un art millénaire apparu dans l'antiquité et imprégné de la culture Taoïste, dont le maître fondateur est Lao Tseu (Ve siècle avant JC). 
Ce dernier est l'auteur du « Tao Te King » dont voici un extrait :

On pétrit l'argile pour en faire un vase,
Mais sans le vide interne
Quel usage en ferait-on ?

L'être crée des phénomènes
Que seul le vide permet d'utiliser.



Le Qi Gong ne peut pas être assimilé sans une connaissance de la cosmologie chinoise où la théorie du Yin et du Yang, ainsi que celle des 5 éléments sont incontournables.
Le Yin et le Yang sont les deux forces opposées et pourtant complémentaires de l'univers. Leur interaction est à l'origine de toute manifestation, notamment humaine : le corps matériel pour le Yin, et la conscience sous toutes ses formes pour le Yang. 
Le Yin renvoie à la terre, l'eau, la lune, l'ombre, l'immobilité féconde, etc. 
Le Yang est associé à l'air, le feu, le soleil, la chaleur, l'action, etc.
Les 5 éléments sont l'eau, le bois, le feu, la terre et le métal. A chacun de ces éléments correspondent des mouvements internes de l'énergie. 
Ainsi par exemple, l'eau descend et humecte ; elle a tout naturellement des affinités avec les reins. Le feu, élément du cœur, monte, rayonne et réchauffe. 
Les 5 éléments se produisent et se contrôlent mutuellement, ce qui fait dire que la médecine chinoise participe d'une vision holistique, globale et non segmentaire.

Le Qi Gong se pratique debout dans une attitude détachée et peut être vu comme une méditation en mouvement. Cette méditation ne consiste pas à chasser les pensées et les émotions qui se présentent à l'esprit. Matraquer ce qui se présente à soi reviendrait à le renforcer.
La méditation du Qi Gong est pragmatique et revient à détendre le corps et à fluidifier sa respiration pour apaiser la matière la plus subtile et la plus volatile du corps, le mental.

Les gestes comme les déplacements contiennent un subtil arrondi et ne sont pas vécus sur un mode musculaire.
Faire un pas devant soi revient à relâcher le poids vers l'avant dans une conscience verticale du corps qui prévient l'affaissement du squelette.
Faire un pas devant soi n'est plus l'avancée d'une jambe par le jeu des contractions musculaires. 
Cette différence de point de vue désactive légèrement la force volitive de l'Homme concentrée dans le haut du corps, c'est-à-dire au-dessus du diaphragme. 
 
La respiration se ralentit et devient plus profonde ; le cœur prend ses aises ; le cerveau, moins sollicité, passe le relais au cervelet, plus archaïque, moins épris de fonctions logiques telles que la division, l'opposition, la préhension, le rejet ou encore le temps linéaire.
En diminuant le recours à la force musculaire (le bras armé de l’ego), des tensions décennales dans les mâchoires et les épaules vont se révéler à l'esprit et peu à peu lâcher. Avec leur disparition, le centre de gravité de l'Homme va descendre et rejoindre le bas-ventre. Les flammes du cœur vont descendre réchauffer l'eau des reins qui en retour diffusent vers le haut une brume rafraîchissante.

Il existe des milliers d'enchaînements de Qi Gong. On peut facilement s'y perdre et s'étourdir dans la multitude des formes à disposition. Certains enchaînements, tels que le Ma Wang Dui, remontent à presque 3000 années avant notre ère. 
Les Hommes ne disposaient que d'une connaissance rudimentaire des plantes pour se soigner. Mais des êtres exceptionnels, peut-être des sages, ont découvert grâce à une écoute d'une finesse inouïe que la peau était parcourue de lignes ou méridiens le long desquels l'énergie créatrice de toute chose, génératrice de toute fonction métabolique, circulait. Ces courants, très en surface aux extrémités des membres, s'enfoncent en se rapprochant du buste et viennent nourrir les organes et entrailles.
Souvent, les mouvements du Qi Gong s'inspirent de ces tracés dans le but de réguler le méridien d'un organe en particulier. Réguler au sens d'activer la circulation et de disperser les blocages.
Il est ainsi des mouvements pour faire descendre l'énergie en excès des poumons et la distribuer au gros intestin qui en manque. D'autres pour harmoniser le double mouvement de l'énergie du système digestif : la descente pour l'estomac, la montée pour la rate et le pancréas. Et aussi des mouvements pour mettre en circulation l'énergie des reins avec comme effets de relâcher les lombes, de nourrir les os et les moelles.

Le Qi Gong est donc tout à la fois une gymnastique pour assouplir les articulations, une pratique de santé permettant d'harmoniser et de renforcer l'énergie, une méditation en mouvement pour des personnes peu inclines à s'asseoir en silence.

En tant que professeur, j'insiste sur la recherche de « l'attitude juste » aussi bien dans la posture statique de l'arbre que lors des mouvements. L'importance que je donne à la conscience corporelle évite de recourir avec excès aux visualisations et autres constructions mentales ; ces dernières sont utiles, notamment pour accroître l'effet thérapeutique d'un mouvement, mais pour les personnes intellectuelles ou très émotives, il est facile de tomber dans le piège des pensées magiques, c'est-à-dire de l'imaginaire qui déconnecte des réalités physiologiques et du bon sens. 
 
La posture de l'arbre permet de faire descendre le centre vital de la poitrine (ego) au bas-ventre (inconscient, centre originel).
Le relâchement du bas du corps, sous la ligne du nombril, enracine le pratiquant. 
La détente des épaules, posée sur la cage thoracique, conjointement à l'alignement vertical des cervicales vide le haut du corps de ses tiraillements émotionnels. 
 
L'attitude juste dirige l'ensemble des forces de l'individu dans son Dan Tien inférieur, « hara » en japonais, situé à 4 cm sous le nombril, et de la taille d'un poing à l'intérieur de l'abdomen. Ainsi relâché, le corps est stable et droit. La tête se rafraîchit, mais les lombes, les pieds se réchauffent du fait de l'intensification de la circulation sanguine dans l'abdomen. 
 
La verticalité en Qi Gong s'obtient en prenant le contre-pied du réflexe occidental : sortir la poitrine, rentrer le ventre. Se déconditionner prend du temps et va de pair avec une respiration naturelle. 
Vouloir placer l'inspiration sur tous les mouvements ascendants ou d'ouverture de la cage thoracique, l'expiration sur la descente du corps ou son resserrement est une approche trop volontaire qui souvent bloque les souffles intérieurs. Je préconise davantage une observation neutre des mouvements intérieurs. 
 
En développant sa sensibilité, on s'aperçoit qu'à l'expir, l'énergie tirée de l'air descend dans le bas-ventre. Ainsi comprise, la respiration remplit le bas-ventre de force au lieu de la laisser sortir avec l'air rejeté. L'expir s'allonge et vient élargir la base du tronc, l'inspir se raccourcit et l'on y prête moins d'attention. 
L'inspir monte comme une fusée à partir des reins; l'expir nous plonge dans une trajectoire interne spiralée plus ou moins resserrée (parachute ou foret d'une perceuse conduisant le Qi au bas-ventre). Cette vision du souffle se retrouve en méditation zazen ; elle met l'accent sur les échanges énergétiques plutôt que pulmonaires. 
Les mouvements du Qi Gong étant lents, il serait vain et même contre-productif de forcer le souffle.
Comme dans mes cours, l'attention se porte majoritairement sur l'étirement de la colonne vertébrale et le relâchement du bas-ventre, je propose sur chaque séance un exercice de respiration Taoïste ou Ayurvédique :
  • Les sons thérapeutiques (Ex : le son A pour réguler poumons et cœur).
  • Respiration avec l'attention portée sur la souplesse du diaphragme et sa descente à l'inspiration.
  • Respiration de la forge avec l'attention portée sur un expir énergique pour dissiper les blocages du ventre, accroître le feu digestif, rejeter les impuretés des poumons.


Liste des cours de Qi Gong de David à Paris sur son site : www.cielmonqigong.com
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